15 ans, 15 coups de coeur

15 ans, 15 coups de coeur


Depuis 15 ans déjà, les RIDM sont une vitrine exceptionnelle pour le documentaire canadien et international. Afin de souligner cet anniversaire, l’équipe des RIDM a décidé d’ouvrir ses portes à des programmateurs invités. 15 personnalités marquantes de la vie culturelle canadienne et internationale ont choisi un documentaire qui a marqué leur vie. Aucune restriction ni suggestion discrète de la part de l’équipe. 15 choix personnels pour une histoire originale et subjective du genre fondateur du cinéma. Incroyablement riche, le documentaire a le pouvoir d’ouvrir les yeux des spectateurs non seulement sur l’état du monde, mais aussi sur les possibilités infinies de l’art cinématographique. À travers ces histoires d’amour personnelles et surprenantes, ce sont 15 ans de découvertes, de discussions et de débats autour du documentaire qui seront fêtés.


Gael Garcia Bernal

a choisi MEGACITIES de MICHAEL GLAWOGGER.
Il explique son choix.

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Gael Garcia Bernal est connu du grand public en tant qu’acteur de cinéma de fiction.

En 2005, il fonde la maison de production Canana Films avec Diego Luna et Pablo Cruz. Depuis 2006, les trois associés organisent Ambulante — à la fois festival et organisme —, qui promeut des films mexicains dans le monde, et plus généralement des documentaires, grâce à des bourses ou des ateliers. Gael a aussi coréalisé Les invisibles, une série documentaire pour Amnistie internationale.

Philippe Falardeau

a choisi UNE DÉLÉGATION DE TRÈS HAUT NIVEAU de Philippe Dutilleul.
Il nous explique son choix.

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En une dizaine d’années, le réalisateur de Monsieur Lazhar est devenu l’un des cinéastes les plus aimés et primés du Québec.

Révélé en 2000 avec La moitié gauche du frigo, véritable « film-ovni » usant d’une esthétique pseudo-documentaire et préfigurant l’explosion des caméras numériques, Philippe Falardeau fait partie des nombreux réalisateurs de fiction profondément marqués par la démarche documentaire. C’est ainsi à travers sa participation à La course destination monde et la réalisation d’un long métrage documentaire (Pâté chinois) qu’il s’initiera au cinéma. Un apprentissage manifestement efficace pour ce récipiendaire de deux prix Jutra du meilleur réalisateur!

Gilles Jacob

a choisi L'HOMME À LA CAMÉRA de Dziga Vertov.
Il nous explique son choix.

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Monsieur cinéma.

En tant que délégué général ou président, il est la figure maîtresse du Festival de Cannes depuis plus de 30 ans. Fervent cinéphile, critique fougueux et intraitable, personnalités marquantes de la planète cinéma, il ne vit que pour cette passion qui l’a, comme il le souligne dans son très beau livre La vie passera comme un rêve, bien gâté. À l’occasion de nos 15 ans, l’homme de la Croisette s’éloigne un moment du royaume du tapis rouge pour nous faire redécouvrir un documentaire majeur de l’histoire du cinéma.

Laura Poitras

a choisi BLOW JOB de Andy Warhol et CROSSROADS de Bruce Conner.

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L’une des plus importantes documentaristes américaines actuelles, Laura Poitras, a réalisé les deux premiers volets d’une trilogie consacrée aux États-Unis post-11 septembre.

My Country, My Country (RIDM 2007) soulève les contradictions de l’occupation américaine en Irak, tandis que The Oath (2010) suit l’ancien garde du corps de Ben Laden. Ayant obtenu de nombreux prix ainsi qu’une nomination aux Oscars, elle travaille à présent sur la troisième partie de la trilogie. Elle est également productrice déléguée de The Law In These Parts (Prix du jury international à Sundance; présenté aux RIDM 2012).

Frederick Wiseman

a choisi HOTEL TERMINUS de Marcel Ophüls.
Il nous explique son choix.

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Devenu un maître incontournable du documentaire, Frederick Wiseman fut autrefois un professeur de droit qui emmenait ses étudiants découvrir de visu les institutions américaines.

Jusqu’à ce qu’il se mette à les filmer. Malgré la longue censure de son premier film, Titicut Follies, il n’a jamais cessé son exploration. Depuis 45 ans, avec une rigueur formelle devenue sa marque de fabrique, il arpente les structures de la société avec obstination, observe les relations humaines avec sensibilité. En 2011, une dizaine de ses œuvres étaient présentées aux RIDM, accompagnées d’une leçon de cinéma par Skype.

Kim Longinotto

a choisi INTO THE ABYSS de Werner Herzog.
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Documentariste britannique internationalement reconnue, Kim Longinotto s’inscrit dans la tradition du cinéma direct en laissant à la caméra le soin d’évoquer la chaleur, l’humanité et la force des personnages, souvent des femmes, qu’elle rencontre.

Elle a tourné dans des pays aussi variés que le Japon, l’Iran, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Inde. Parmi sa quinzaine d’œuvres (majoritairement distribuées par Women Make Movies), citons Divorce Iranian Style, The Day I Will Never Forget, Hold Me Tight, Let Me Go, Rough Aunties et Pink Saris. Les RIDM lui ont consacré une rétrospective en 2003.

Patricio Guzman

a choisi ARCANA de Cristobal Vicente.
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Patricio Guzmán a étudié le cinéma en Espagne et vit aujourd’hui à Paris.

Mais c’est l’histoire récente du Chili, son pays natal, qui a toujours été au cœur de son œuvre, et ce, depuis les années 1970, où il collabore avec Chris Marker pour réaliser la trilogie documentaire La Bataille du Chili. Ses documentaires les plus récents portent sur des personnalités politiques (Le cas Pinochet,Salvador Allende) et interrogent de façon philosophique le rapport des hommes au passé et à leur mémoire, comme son superbe dernier film, Nostalgie de la lumière.

Agnès Varda

a choisi LA FRANCE QUI SE LÈVE TÔT de Hugo Chesnard.

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Derrière ce petit bout de femme rieuse se cache l’une des plus grandes artistes des 50 dernières années.

L’âme sœur du regretté Jacques Demy a ouvert tant de portes qu’on ne les compte plus. Non contente de réaliser son premier film à 27 ans avec La pointe courte, elle précède de plusieurs années la Nouvelle Vague. Alors que le jeune cinéma français explose, elle part aux États-Unis. Également auteure de nombreux documentaires, c’est comme documentariste qu’elle revient sur le devant de la scène en 2000 avec son magnifique Les glaneurs et la glaneuse.

Philip Glass

a choisi LES COULEURS DU PRISME, LA MÉCANIQUE DU TEMPS de Jacqueline Caux.

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Pionnier de la musique minimaliste dans les années 1960, Philip Glass est aux côtés de ses compagnons du courant répétitif l’un des plus grands compositeurs contemporains.

Comme il le dit si bien dans le film qu’il nous propose de découvrir, le cœur de son travail est lié « au mouvement, à l’image, au texte ». Outre des ballets et des opéras, il a en effet composé la musique de nombreux films : des fictions, mais aussi de célèbres documentaires, comme Koyaanisqatsi, de Godfrey Reggio, ou The Thin Blue Line, d’Errol Morris.

Samira Makhmalbaf

a choisi AFGHAN ALPHABET de Mohsen Makhmalbaf.
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Bien avant notre phénomène Xavier Dolan, la planète cinéma avait été balayée en 1998 par l’arrivée d’une Iranienne de 18 ans qui, avec son film La pomme, eut l’honneur d’être la plus jeune cinéaste en sélection officielle au Festival de Cannes (dans la section Un certain regard).

Un début de carrière exceptionnel pour la fille du grand Mohsen Makhmalbaf; la réalisatrice a su affirmer très vite un regard naturaliste et profondément humaniste aux prises avec les drames du monde actuel, que l’on peut admirer également dans le sublime Tableau noir.

Jia Zhang-Ke

a choisi EL CIELO GIRA de Mercedes Alvarez.
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Figure phare du cinéma indépendant chinois du début des années 2000, Jia Zhang-Ke, récipiendaire du Lion d’or de la Mostra de Venise pour Still Life, est mondialement reconnu pour la profondeur de son œuvre qui n’a de cesse de scruter les aléas liés aux changements d’une Chine obsédée par la mondialisation et l’explosion économique.

Usant d’acteurs non professionnels, filmant en décors réels, le cinéaste brouille les frontières entre fiction et documentaire. Également auteur de deux documentaires, il reçut le Prix Caméra-stylo des RIDM en 2010 pour I Wish I Knew.

Alanis Obomsawin

a choisi REEL INJUN de Neil Diamond.
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Il n’est pas exagéré de dire qu’Alanis Obomsawin est un monument du documentaire canadien. Son portrait orne même l’entrée des bureaux de l’Office national du film du Canada.

Ce statut unique, la cinéaste abénaquise le doit à une carrière exemplaire de plus de 40 ans qui lui a permis de dévoiler les racines, la culture et les aspirations de son peuple. Artiste multidisciplinaire, Mme Obomsawin intègrera progressivement de nombreuses pratiques artistiques au sein de ses documentaires à la fois personnels et profondément engagés, dont la pierre angulaire demeure l’inoubliable Kanehsatake, 270 ans de résistance.

Barbet Schroeder

a choisi CAPTURING THE FRIEDMANS de Andrew Jarecki.

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Personnage particulièrement éclectique, capable de passer d’une adaptation de Bukowski (Barfly) à un thriller hollywoodien, Barbet Schroeder fait partie de la courte liste des réalisateurs autant reconnus pour leur travail en fiction que pour leur œuvre documentaire.

Un exploit dans son cas puisque, contrairement à Werner Herzog ou Louis Malle, il n’a en fait réalisé que trois documentaires en 40 ans. Mais pas des moindres! Plus d’un cinéaste serait fier d’avoir Général Idi Amin Dada, Koko le gorille qui parle ou L’avocat de la terreur dans sa filmographie.

Lou Reed

a choisi VISIONS OF LIGHT de Todd McCarthy, Arnold Glassman et Stuart Samuels.

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Le légendaire fondateur du Velvet Underground est aussi réalisateur depuis 2009.

Avec son premier court métrage, Red Shirley, Lou Reed signe un portrait lumineux de sa cousine quasi centenaire, dont le récit de vie constitue à lui seul un condensé de l’histoire tumultueuse du 20e siècle. Magnifiquement tourné par le photographe américain Ralph Gibson, le film démontre le grand intérêt de Lou pour la direction photo. La visite de Lou Reed et Ralph Gibson à Montréal pour la première canadienne du film fut un moment fort des RIDM 2010.

Naomi Kawase

a choisi REMINISCENCES OF A JOURNEY TO LITHUANIA de Jonas Mekas.
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Artiste inclassable, Naomi Kawase poursuit depuis plus de 20 ans une œuvre alternant fiction, documentaire et cinéma expérimental.

Reconnue pour son extrême sensibilité et le rapport sensoriel qu’elle parvient à établir avec la nature, la cinéaste japonaise, lauréate du Grand Prix du jury du Festival de Cannes pour sa Forêt de Mogari, arrive, malgré la diversité des genres qu’elle explore, à constituer un imaginaire bien à elle. Après avoir collaboré avec lui sur un film collectif, elle nous fait le plaisir de déclarer son admiration pour le grand Jonas Mekas.